
L’Ordre des Professionnels Médico-Sanitaires (OPMS) a tenu, le jeudi 18 décembre, au siège de l’institution à Nkolbisson, une rencontre avec les hommes et femmes de médias afin d’évoquer les graves dysfonctionnements observés dans la formation des personnels de santé au Cameroun. Cette initiative s’inscrit dans les missions de régulation, de protection du public et de garantie de la qualité des soins qui incombent à l’OPMS.
L’objectif principal de cette rencontre était de dresser un état des lieux du désordre persistant qui caractérise la formation des personnels médico-sanitaires, ainsi que de dénoncer le non-respect des résolutions issues des concertations gouvernementales, pourtant destinées à encadrer et harmoniser ce secteur stratégique.
Selon l’OPMS, l’exercice des professions médico-sanitaires est strictement conditionné à l’inscription au tableau de l’Ordre. Or, de nombreux diplômes délivrés dans certaines structures de formation – Licences, BTS, HND et autres appellations – ne sont pas reconnus, rendant leurs détenteurs inéligibles à l’exercice légal de la profession.

« Ne peut exercer une fonction médico-sanitaire que celui qui est inscrit au tableau de l’Ordre. Malheureusement, plusieurs diplômes délivrés aujourd’hui ne sont pas reconnus, et la qualité de la formation reçue est sérieusement remise en cause. C’est pourquoi le président de l’Ordre interpelle l’État camerounais afin qu’il prenne ses responsabilités à travers des mesures fortes », a expliqué Joseph Mbeng Boum, responsable de la cellule de communication de l’OPMS.
Il a notamment appelé à l’organisation, sans délai, d’audits ministériels aussi bien dans les établissements privés que publics, soulignant que même certaines écoles de l’État ne respecteraient pas les normes en vigueur. L’OPMS demande également la fermeture des structures hors normes et l’alignement effectif du pays sur le système LMD.
Au cours de ce point de presse, l’OPMS a attiré l’attention sur les dysfonctionnements affectant particulièrement la formation de plusieurs corps professionnels, notamment :
les sages-femmes ;
les infirmiers ;
les techniciens de laboratoire.
Les responsables de l’Ordre ont dénoncé :
la prolifération anarchique de structures de formation non conformes aux normes réglementaires ;
l’insuffisance du contrôle et du suivi des curricula de formation ;
la mise sur le marché de personnels insuffisamment formés, avec des conséquences directes sur la qualité et la sécurité des soins dispensés aux patients.
Prenant la parole, le président de l’OPMS, Moussa Hamadou Satou, a rappelé que l’Ordre est institué par la loi, laquelle définit clairement ses missions et les obligations qui s’imposent à tous.

« Chaque citoyen est tenu de respecter la loi, nul n’est censé l’ignorer. Des dispositions sont prévues contre ceux qui s’y soustraient. C’est peut-être la énième fois que nous interpellons l’opinion publique et les autorités compétentes sur ce problème, et pourtant rien ne semble bouger. Mais cela ne signifie pas que nous allons croiser les bras. Le temps de l’observation est révolu, celui de l’action est arrivé », a-t-il martelé.
Le président de l’OPMS a également fait référence à l’appel à l’ordre lancé par la plus haute autorité du pays le 6 novembre dernier, soulignant que « l’ordre doit régner partout ». Il a enfin averti que l’Ordre n’hésitera pas à recourir aux procédures légales si les mesures appropriées ne sont pas prises.
Fabiola Nana
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