
Les présidents réclament un système financier mondial plus juste
Par Sylvie Ottou
Réunis à Kintélé et à Brazzaville dans le cadre des échanges avec la Banque africaine de développement (BAD), les six chefs d’État de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) ont plaidé pour une refonte de l’architecture financière internationale. Leur ambition est d’obtenir des conditions de financement plus favorables afin de soutenir le développement économique de la sous-région.
Tous les présidents, Denis Sassou N’Guesso du Congo, Brice Clotaire Oligui Nguema du Gabon et Faustin-Archange Touadéra de la République Centrafricaine ont affiché une position commune en faveur d’un accès accru aux ressources financières destinées aux projets de transformation économique.
Appuyés par le président de la BAD, Sidi Ould Tah, les dirigeants ont dénoncé les coûts d’emprunt élevés auxquels font face les pays africains. Selon eux, les mécanismes actuels d’évaluation du risque pénalisent injustement les économies du continent et limitent les investissements indispensables à leur croissance.
Les discussions ont notamment porté sur le financement de grands projets régionaux, parmi lesquels le Plan directeur consensuel des transports en Afrique centrale (PDCT-AC), les infrastructures routières transfrontalières, les réseaux énergétiques interconnectés, la fibre optique régionale ainsi que le barrage hydroélectrique de Chollet. La BAD est appelée à jouer un rôle déterminant dans la réalisation de ces investissements.

Parallèlement, les États membres entendent renforcer la mobilisation des ressources locales. Avec le concours de la Banque de développement des États de l’Afrique centrale (BDEAC) et des institutions financières régionales, ils souhaitent dynamiser les marchés financiers de la sous-région afin de mieux canaliser l’épargne vers des projets productifs.
À travers cette démarche, les dirigeants de la CEMAC réaffirment leur engagement en faveur d’une plus grande souveraineté économique, de l’industrialisation de la sous-région et d’une croissance durable reposant davantage sur les capacités africaines. Ils appellent ainsi à un environnement financier international plus équitable et mieux adapté aux réalités du continent.
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