
La mairie de Yaoundé IV a abrité, ce 29 mai 2026, le lancement de la campagne de sensibilisation sur la scolarisation des enfants vivant avec un handicap intitulé “We ring the bell”.
Par Ulrich Enyegue
Le son d’une cloche résonne avec insistance dans la salle des actes de la mairie d’Ekounou. Ce signal sonore marque le coup d’envoi officiel de la campagne internationale « We ring the bell » (Tirer la sonnette d’alarme) en terre camerounaise. Placée sous le thème central « Ne laisser aucun enfant handicapé pour compte : financer l’éducation inclusive au Cameroun », cette édition 2026 mobilise d’importantes figures de l’appareil étatique. La cérémonie se déroule en présence de Vivian Asheri Kilo, secrétaire d’État auprès du ministère de l’Éducation de base, d’Elvis Akondi Mbahangwen, sous-préfet de l’arrondissement de Yaoundé IV, et du maire de ladite commune Gabriel Bihina Efila.
Portée mondialement par l’Organisation Liliane Fonds, cette campagne de plaidoyer intègre un réseau global qui a déjà mobilisé plus de 120 000 décideurs dans 102 pays.
Au Cameroun, la stratégie s’attaque aux barrières infrastructurelles et sociales. Dans son allocution, la ministre des Affaires sociales, Pauline Irène Nguene, rappelle l’urgence d’agir face aux discriminations systémiques : « cette catégorie de population, particulièrement vulnérable, fait face à de nombreuses difficultés, notamment en matière d’accès aux soins, à l’éducation, à la promotion d’un travail décent, à la construction d’infrastructures adaptées ainsi qu’à la gestion des violences. »
La ministre souligne également l’appui de l’Union européenne à travers le Programme Indicatif National pour financer l’inclusion, matérialisé par l’ouverture d’établissements spécialisés et de structures d’accueil dédiées.
Au-delà des discours institutionnels, la parole est donnée aux acteurs de terrain. Émile Onana Onana, cadre au Centre national de réhabilitation des personnes handicapées (CNRPH) et lui-même déficient visuel, livre un témoignage clé sur l’efficacité des dispositifs d’intégration : « Après avoir perdu la vue en 2013, s’il n’y avait pas eu un système d’éducation inclusive avec le concours des associations, des organisations, je ne serais jamais devenu ce que je suis aujourd’hui. »
Un témoignage de réussite qui prouve que l’inclusion change des destins et c’est tout l’enjeu de cette campagne de plaidoyer qui va s’étendre dans tout le pays jusqu’au 30 septembre 2026.
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